Réfléchir vite et bien.

Est-il possible de réfléchir vite et bien? Pourquoi certaines personnes réputées moins intelligentes que d’autres s’en sortent pourtant mieux dans la vie?

Réfléchir vite et bien.

Intelligence et réflexion.

Vous l’aurez probablement compris, l’intelligence peut parfois (et même plus souvent qu’on ne le pense) être un frein dans notre avancée. Une intelligence mal employée peut faire perdre énormément de temps à son possesseur. Et cela par deux biais principaux :

  • Le fait de trop pousser une réflexion là où pour être utile et concrètement efficace elle aurait dû être limitée.
  • Le fait d’avoir développé une opinion issu d’une réflexion poussée, pour ensuite la prendre pour acquise et s’y tenir fermement même à des moments où cette opinion nécessiterait d’être réformée pour prendre en compte de nouvelles données.

L’intelligence est d’ailleurs considérée comme un antonyme de l’instinct. Hors, on peut aisément comprendre ici que lorsqu’elle prend le dessus sur l’instinct, elle puisse devenir un réel obstacle aux opportunités qui demandent parfois plus d’intuitivité et moins de rationalité.

C’est  ici que nous distinguerons l’intelligence du fait de réfléchir. L’intelligence est un état (plus ou moins subjectif d’ailleurs) ou plutôt une faculté. Littéralement cela signifierait « faculté permettant de faire le lien entre les choses ». Alors que la réflexion s’apparenterait plutôt à la méthodologie qui la régit. Réfléchir, signifierait alors littéralement « faire revenir une pensée sur elle-même en l’opposant et la soumettant à son reflet ». De ce fait, le fait de « réfléchir » nous permet d’exposer notre intelligence au sens critique pour l’amener à se transcender. En d’autres termes, c’est grâce à la réflexion que l’intelligence peut progresser.

La créativité.

Pour mieux comprendre, prenons l’exemple de la créativité. L’intelligence, au même titre que l’instruction, à elle seule ne produit pas forcément un esprit créatif. Ou alors, si elle le permet dans un premier temps, produira une créativité très limitée. C’est en activant les mécanismes de la réflexion que la créativité exprimera son potentiel de renouvellement constant et d’innovation. Il serait donc bon de comprendre comment fonctionne la réflexion et voir si c’est une fonction perfectible afin d’apprendre à mieux réfléchir.

La conclusion classique à laquelle conduit notre système éducatif, c’est que l’analyse et le raisonnement constituent la base qu’il suffit d’alimenter par l’instruction (l’acquisition de la connaissance). Et ce n’est qu’ensuite ce que nous considérons cela comme étant l’action de réfléchir.

Sauf que si l’on regarde de plus près, l’instruction récupère beaucoup de données qui ont été produites par la science. Hors la science ne s’est pas cantonnée à produire une analyse ou un raisonnement sur une base de connaissances, elle s’est plutôt développée en émettant des hypothèses qui lui ont permis de dépasser les connaissances d’ores et déjà acquises. C’est donc la capacité à critiquer et remettre en cause la base de connaissance qui a fait évoluer la science et les arts et non pas l’intelligence qui elle, se repose généralement sur des acquisitions conceptuelles. Nous pouvons conclure que c’est la conjugaison de l’intelligence et de la réflexion qui produisent la créativité.

La perception – élément fondamental de la réflexion.

La première étape est ici de comprendre que tout réside dans notre perception initiale des choses qui est le point de départ d’une bonne ou mauvaise réflexion.

Je suis arrivé à toutes ces considérations par la lecture du Livre d’Edward de Bono, « Réfléchir vite et bien. », dont je ne peux que vous conseiller la lecture. C’est une mine d’or d’explications et d’analyses pour nous aider à mieux réfléchir et de ce fait devenir plus performant et surtout, gagner un temps considérable dans notre vie en nous évitant de prendre de mauvais chemins de réflexion.

Nous en revenons au questionnement crucial précédemment posé : Est-il possible de développer sa faculté de réfléchir? Et comment?

Méthodologie.

Edward de Bono , via son programme de Pensée latérale, propose des méthodes de développement de notre système de réflexion. Le programme « CORT » (“Cognitive Research Trust”) propose plusieurs outils pour développer sa créativité et réfléchir vite et de manière optimale.

Le Mind-Mapping, dont nous avons déjà parlé sur ce blog, est un des outils qui permettent de pousser la réflexion en optimisant le temps et de susciter la créativité.

La méthode du PMI (Plus, Moins, Intéressants) est un des autres outils proposés par Edward de Bono, mais suppose d’avoir déjà identifié une problématique et/ou une solution. Le but de la PMI est de travailler à améliorer et élargir la perception que nous avons précédemment désignée comme étant le point de départ crucial de la réflexion. La PMI doit son efficacité à sa simplicité et à la rigueur qu’elle exige malgré tout.

Vous pouvez utiliser la fiche PDF ci-jointe de l’Université Canadienne de HEARST pour vous aider à faire le point via cette méthode PMI : voir le PDF 

Attention, il ne faut pas se fier aux apparences! Il n’est nullement sujet ici de procéder à une classification comme le ferai d’autres méthodes du même genre. Non! Il faut procéder au raisonnement exactement dans cet ordre : « les points positifs » d’abord, les points négatifs ensuite et enfin les points intéressants. Le but étant d’effectuer une gymnastique cérébrale en passant d’une chose à son opposé. Notez que « positif » ne signifie pas forcément « intéressant » et qu’un point négatif peut être potentiellement intéressant.

La catégorie « intéressant » contiendra des points neutres ou des points qui peuvent évoluer. On peut s’aider à la réflexion pour cette catégorie en pensant au sujet et en se demandant simplement : « il serait intéressant de voir si… ».

Edward de Bono propose aussi de recourir à la méthode APC (Alternative, Possibilité, Choix) pour combattre notre penchant naturel à la facilité et à « l’auto-rassurance ». En effet, nous nous complaisons souvent dans nos idées préconçues ainsi que nos habitudes. Et nous orientons bien souvent nos vérifications vers l’obtention d’une confirmation de nos idées au lieu de s’attacher à confronter la réalité telle qu’elle est.

De ce fait lorsque nous possédons des solutions qui nous conviennent, par facilité nous cessons de chercher de meilleures solutions. Prendre l’habitude de réfléchir par « Alternative, Possibilité, Choix (APC) », permet d’envisager une même situation de plusieurs manières différentes pour confirmer et/ou réorienter nos choix et décisions.

La méthodologie « APC » nécessite néanmoins de s’imposer un délai dans sa mise en application pour éviter de trop retarder la prise de décision.

Cette méthode permet de voir une situation sous plusieurs angles, émettre des hypothèses pour faire ressortir une tendance, transcender les habitudes et zone de confort pour faire mieux, brasser le panel des solutions et choix possibles et éventuellement être précurseur d’une tendance ou solution alternative à une problématique.

Pour cela il faut aussi connaitre les mécanismes du cerveau, qui pour s’éviter trop d’efforts, simplifie son traitement de donnée en se mettant souvent en mode automatique – cela passe de nouveau par la fixation d’habitudes et de réflexes. Il faut apprendre à distinguer les habitudes à forte valeur ajoutée et ceux de basse valeur pour tacher de forcer la main au pilote automatique du cerveau vers les bons réflexes.

Prise de décision.

Enfin, la prise de décision est souvent compliquée par les zones d’ombre et d’incertitude. Dans son ouvrage, Edward de Bono propose 10 moyens de se sortir d’un tel blocage en gardant à l’esprit que de toute manière aucune solution n’est totalement parfaite et qu’il faudra se contenter de faire de son mieux :

  • 1. Lister les solutions puis en prendre une au hasard et se faire l’avocat de cette solution pour la tester.
  • 2. Prendre la solution la plus simple et explorer sa justification.
  • 3. S’imaginer en plaidoirie pour défendre chaque solution devant un proche.
  • 4. Dévaluer les solutions qui nous semblent les meilleures afin de stopper l’influence psychologique qu’ont ces solutions sur nous au détriment des autres solutions.
  • 5. Oublier un moment toutes les solutions possibles et rêver la solution idéale, ensuite chercher dans les solutions possible la solution qui s’y apparente le plus.
  • 6. Réfléchir au contexte idéal d’une solution puis comparer avec le contexte et la situation réelle pour s’aider à décider.
  • 7. Envisager les solutions sous forme d’hypothèses en débutant ses réflexions par la formulation « et si… » qui fera ressortir la vrai nature des choix envisageables.
  • 8. Confronter, sous forme de tableau, les solutions avec les attentes, en cochant ensuite les cases là où les solutions répondent aux attentes. Cela permet une visions d’ensemble des potentiels.
  • 9. Sur la base du tableau précédent, ajouter une note (sur 10 ou 20) à côté de chaque case cochée en fonction de la pertinence de chaque solution en réponse aux attentes, puis faire le total des notes (ou la moyenne) pour faire ressortir les solutions à plus fort potentiel.
  • 10. Tenter d’analyser les solutions sous le filtre des 3 facteurs les plus déterminant dans la prise de décision : « la peur, la paresse et l’avarice ».

Ceci n’est qu’un bref résumé de quelques solutions proposées par Edward de Bono dans son ouvrage « Réfléchir vite et bien.« . Le livre regorge d’informations et d’analyses précieuses pour optimiser sa manière et vitesse de penser et gagner ainsi un temps considérable au quotidien.

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