La rapidité dans la prise de décision.

La décision.

Avant d’évoquer une quelconque méthodologie pour prendre la bonne décision il faut d’abord se mettre d’accord sur ce que représente une bonne décision.

Une bonne décision?

Si je devais résumer pour ma part, je dirais que la bonne décision c’est tout simplement la décision que l’on ne regrettera pas. Toutefois, ce qui pourra être une bonne décision pour moi ne le sera peut-être pas de votre point de vue. En effet, il se pourrait que j’attende d’une décision prise autre chose que ce que vous auriez attendu si vous aviez à faire le même choix.

Cette petite mise au point faite, nous pouvons maintenant nous interroger sur ce qui conditionne une décision ; que cette dernière soit bonne ou mauvaise d’ailleurs. Les paramètres étant multiples, ils ne pourront évidemment pas être cernés dans leur totalité. Mais nous pouvons tenter d’en faire ressortir les principaux.

Ce qui affecte la décision.

Ce qui impacte le plus une prise décision, ce sont très certainement les répercutions : les incidences éventuelles de cette décision dans le futur. Selon la gravité potentielle de ces incidences, il sera plus ou moins simple de prendre une décision.

Le second point qui impacte selon moi le plus la décision, c’est l’environnement. En effet, nous sommes tous sensibles au contexte environnant au moment de prendre une décision. Nous agirons différemment si nous sommes entourés de peu de monde ou au milieu d’une foule. Ou encore, si les personnes environnantes sont plus ou moins appréciées par notre ego.

Le troisième élément qui impacte fortement notre prise de décision c’est le contexte. Par cela et au-delà de l’environnement, j’entends la situation dans laquelle nous sommes au moment où nous prenons la décision. Ce qui s’est passé juste avant par exemple, influence incontestablement notre décision. Si nous venons d’être énervés par un événement, ou au contraire réjouis, notre décision selon les situations ne sera pas forcément la même.

On pourrait ajouter au contexte un passif plus éloigné. En fait, tout notre vécu ainsi que les conclusions que nous en avons tirés impactent forcément notre prise de décision.

Et pour finir sans plus nous attarder sur toutes ces considérations, nous pouvons résumer ces derniers points par la notion de conditionnement.

Les études sociologiques.

Les études sur le conditionnement quant à la prise de décision se sont multipliées au cours des siècles et les expériences scientifiques sur le sujet se sont accélérée depuis les années soixante. Ces études sont les ingrédients principaux d’une campagne publicitaire ou marketing bien menée. À un tel point que lorsque l’on est avisé de ces études on en vient systématiquement à se demander si c’est réellement nous qui prenons une décision lorsque nous la prenons.

Nous évoluons constamment en subissant les influences émises des uns et des autres. Vous avez sûrement rencontré des personnes qui à un temps « T » avaient un avis bien déterminé sur un sujet, au point de ne vouloir en démordre, et qui quelques temps après avaient un tout autre avis sur le même sujet. Vous avez même probablement vous-même vécu ce type de changement de paradigme.

Je me souviens il y a très longtemps, lorsque les cartes bleues se sont popularisées, que j’entendais souvent des adultes dire « moi jamais ». Et aujourd’hui toutes ces personnes ont bel et bien une carte bleue. Un exemple plus récent et celui des téléphones portables. J’ai vu énormément de gens autour de moi dire au début « moi, le téléphone portable, jamais! » et une poignée d’années après les revoir avec en main le smartphone dernier cri. C’est le résultat de l’influence publicitaire dans un premier temps, puis de l’effet de masse dans un second temps. Le plus marrant c’est qu’au moment de leur déclaration, ces personnes étaient prêtes à parier que jamais elles ne tomberaient dans le panneau ou dans l’effet de masse ou de mode.

Nous subissons tous les influences de notre ego qui nous empêche de reconnaître que nous sommes plus ou moins assujettis aux influences externes. Toutefois, lorsque nous sommes soumis à une décision, il est important de reconquérir cette conscience de l’influence externe. Et cette conscience n’est pas possible sans la science de l’influence et de la manipulation. Je ne peux que vous conseiller le fabuleux livre de Robert Cialdini sur le sujet :

Influence et manipulation

Comment donc s’assurer de prendre les bonnes décisions et qui plus est rapidement? Une telle assurance est certes impossible. Mais rien ne nous empêche d’étudier la question afin de nous en approcher le plus possible.

Prendre le temps ou l’habitude.

À ce stade de l’article on pourrait se demander mais pourquoi prendre une décision « rapidement » alors qu’il est de coutume et bien plus sage de prendre son temps avant de se décider? Il est vrai que pour certaines décisions, surtout si elles sont importantes, il sera préférable te prendre le temps de la réflexion. Au passage, cette prise de temps n’empêche pas la considération des éléments cités plus haut. Mais il s’avère que pour la plupart des décisions que nous avons à prendre quotidiennement, nous n’avons généralement pas beaucoup de temps avant de devoir trancher. C’est valable pour les décisions que nous avons à prendre pour notre famille mais aussi pour les petites décisions à prendre au travail, ou simplement pour un achat. Il est donc bon de se forger une habitude basée sur certains principes fondamentaux afin de prendre au mieux ses décisions… Et rapidement lorsque nécessaire. Surtout que la plupart de ces petites décisions ont des impacts majeurs sur nos vies sans que nous nous rendions vraiment compte.

Dans son livre « 59 secondes pour prendre les bonnes décisions« , Richard Wiseman, en se basant sur des résultats d’expériences sociologiques qu’il documente, nous propose de mettre en place les habitudes simples qui permettent de rester alerte et d’adopter la bonne attitude au moment de prendre des décisions. Bien qu’après lecture du livre j’ai trouvé le titre assez trompeur car au final il n’est pas trop sujet de rapidité dans la prise de décision, le livre regorge tout de même de conseils précieux de références scientifiques sérieuses. Je vais donc très rapidement vous faire un résumé de ce qu’il contient (note : si vous ne souhaitez pas acheter le livre, une audio-lecture est apparemment disponible sur youtube).

Résumé du Livre « 59 secondes pour prendre les bonnes décisions ».

Comme nous l’avons dit plus haut prendre la bonne décision dépend de notre humeur au moment crucial. Il est donc impératif de travailler à garder un bon moral. L’auteur souligne à cet effet les bienfaits de l’écriture, telle la tenue d’un journal intime, et propose d’axer son écriture sur le témoignage de nos plaisirs, nos bonheurs et nos satisfactions. Ensuite l’auteur propose de travailler sur notre attitude, afin de dégager une sympathie qui fera la différence. Il faut mettre à l’aise les personnes que l’on côtoie en dégageant de la sincérité et de la sympathie. Le troisième principe est d’entretenir sa motivation. Et à nouveau la tenue d’un journal aide beaucoup pour cela. Le quatrième point, et qui selon moi et le plus important du livre, est de faire appel à notre créativité en misant sur notre subconscient. Le principe étant d’absorber une quantité de données brut puis de s’octroyer un peu de repos. Notre subconscient organisera toutes ces données de manière créative. Le cinquième point c’est de travailler sur sa séduction ce qui rejoint un peu le souci évoqué précédemment quant à notre attitude. Enfin l’auteur nous met en garde contre le stress. Il propose de nouveau comme remède l’écriture mais aussi les animaux de compagnie, mais on peut en trouver d’autre. Tout ces points ont pour but de développer notre capacité de décision inconsciente. Ainsi, lorsque nous sommes soumis à une décision, il faudra certes prendre le temps d’analyser les fondements du choix qui nous est proposé afin de voir si ce choix n’est pas assujetti à quelques artifice technique de persuasion. Puis ensuite de laisser faire l’inconscient préalablement bien conditionné comme nous l’avons mentionné plus haut. L’inconscient gère mieux la complexité que le conscient. C’est pour cela qu’il vaut mieux mesurer les enjeux dans un premier temps, puis ensuite distraire notre conscience avec une activité intellectuelle durant laquelle notre inconscient fera son travail. Puis seulement après, prendre notre décision.

Pour conclure

Prendre la bonne décision, surtout lorsqu’il s’agit d’un achat ou d’un investissement, est proportionnellement lié à nos connaissances des techniques de persuasion. Et de ce que j’ai pu étudier, elles ne sont pas forcément celle que l’on croit. Certaines techniques sont si subtiles que la plupart des gens ne les soupçonnent même pas, et que même en étant avisés nous pouvons encore quelques fois retomber dans le panneau. Pour être honnête, des deux livres que j’ai présenté ici, celui qui pour moi est d’ores et déjà le plus précieux bien que je n’en n’ai pas encore totalement terminé la lecture c’est celui de Robert Cialdini, « Influence et manipulation ». Ce livre est bien au-dessus de l’autre quant à la compréhension du monde qui nous entoure aussi que de notre propre psychologie. Et il est le plus efficient pour nous aider à faire le tri avant toute décision. Je ne peux que vous le recommander comme livre de chevet. Toutefois, des résumés assez intéressants, bien que loin d’être exhaustifs, sont disponibles sur youtube.

Enfin pour terminer cet article, je vous propose de visionner ci-dessous une petite vidéo de démonstration du mentaliste Rémi Larousse qui a fait le buzz en sont temps et qui résume très bien la notion de conditionnement évoquée un début d’article. Et n’hésitez pas à me poster un petit commentaire en bas de l’article.
Voici la vidéo , si vous ne la connaissez pas déjà. Vous verrez, elle vaut le détour :